Ces deux équipes de recherche, ainsi que les lauréat·e·s de l’année dernière, seront mis à l’honneur lors du Rendez-vous Leenaards sciences & santé 2026, le mercredi 28 octobre prochain, à l’Université de Lausanne (événement ouvert à toutes et tous).

Décrypter le virus de l’hépatite E pour affronter les épidémies

Chaque année, l’hépatite E infecte plus de 20 millions de personnes dans le monde. Elle provoque au moins 44 000 décès, concentrés en Afrique et en Asie, où circule le génotype 1 (HEV-1), responsable de vastes épidémies liées à l’eau contaminée. Chez les femmes enceintes, la mortalité peut atteindre 25% dans certaines de ces régions touchées par l’insuffisance de l’assainissement et des infrastructures sanitaires fragiles. Malgré cet impact considérable, ce virus demeure largement sous-étudié et sous-diagnostiqué. Les outils pour le combattre restent limités, notamment en raison de sa grande stabilité dans l’environnement.

Réalisation du film par Noxediem

« L’hépatite E est l’une des maladies les plus difficiles à gérer sur le terrain et, en situation d’épidémie, très peu de solutions concrètes existent », déplore la Prof. Isabella Eckerle, directrice du Centre des maladies virales émergentes des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et professeure à la Faculté de médecine de l’Université de Genève (UNIGE). Cette spécialiste des maladies virales émergentes vise à combler cette lacune grâce à cette recherche distinguée par l’un des deux Prix scientifiques Leenaards 2026.

« L’espoir de notre groupe de recherche est d’identifier rapidement des candidats antiviraux afin de disposer, en cas d’épidémie, d’un traitement capable d’aider les personnes atteintes de formes sévères de la maladie », souligne Isabella Eckerle. La professeure mène ce projet aux côtés du Prof. Jérôme Gouttenoire (FBM-UNIL), chef de laboratoire au Service de gastro-entérologie et d’hépatologie du CHUV, où sont conduits des travaux de recherche fondamentale sur l’hépatite E, et de l’épidémiologiste Dr Andrew Azman (HUG / UNIGE), qui travaille notamment en étroite collaboration avec Médecins Sans Frontières Suisse (MSF) et au sein du Centre des maladies virales émergentes des HUG-UNIGE.

 

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Restaurer les fonctions cognitives par la stimulation électrique, sans chirurgie

La navigation spatiale peut être durablement altérée à la suite d’un traumatisme crânien, même léger (commotion), ou dans certains cas d’épilepsie. Sans cette fonction essentielle du cerveau, les personnes concernées perdent souvent leurs capacités d’orientation à court ou plus long terme. Parmi les cas de traumatismes crâniens légers à modérés (dans 80% des situations), près de 15% des personnes présentent des troubles persistants à plus de six mois. Elles peuvent alors signaler des difficultés de mémorisation spatiale, de repérage ou des désorientations. « Des gestes simples comme se repérer dans une ville, retrouver son chemin ou mémoriser des trajets pourtant familiers deviennent alors difficiles à réaliser », explicite Elena Beanato, cheffe de projet à la Consultation de santé cérébrale et mentale des HUG. À l’heure actuelle, les traitements disponibles restent cependant limités.

Réalisation du film par Noxediem

Pour remédier à cette situation, la chercheuse pilote une équipe transdisciplinaire afin d’explorer une approche innovante : stimuler des régions profondes du cerveau sans recourir à la chirurgie invasive. La technologie utilisée pour y parvenir est la stimulation transcrânienne à interférence temporelle. Elle repose sur deux courants électriques à haute fréquence appliqués à la surface de la tête. « Là où leurs champs se croisent, une modulation se crée en profondeur et peut influencer l’activité des neurones de manière ciblée, notamment dans l’hippocampe, une région clé pour la mémoire et l’orientation », détaille Elena Beanato, qui mène ce projet de recherche lauréat de l’un des deux Prix scientifiques Leenaards 2026 en collaboration avec le Prof. Friedhelm Christoph Hummel, directeur du Hummel Lab de l’EPFL, et professeur associé à la Faculté de médecine de l’UNIGE, et le Prof. Pierre Mégevand, neurologue aux HUG et chercheur au Human Neuron Lab de la Faculté de médecine de l’UNIGE.

 

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Spécificités du Prix scientifique Leenaards

La Fondation Leenaards lance chaque année un appel à projets de recherche biomédicale translationnelle, doté d’un montant total pouvant atteindre CHF 1,4 million (pour 2 ou 3 projets soutenus). Le Prix scientifique Leenaards (Prix de recherche biomédicale translationnelle) finance des projets investiguant une problématique clinique sous un angle original, s’appuyant sur une recherche de base pointue. Il a pour objectif de soutenir des projets translationnels associant recherches fondamentales et cliniques, afin de transformer les découvertes scientifiques en traitements médicaux.

Le processus d’appel à projets lancé en 2025 a vu la soumission de 27 projets par des groupes de recherche provenant de six institutions.

 


Renseignement et personne de contact :

Adrienne Prudente, responsable communication de la Fondation Leenaards

021 351 25 55
communication@leenaards.ch

Documents presse : www.leenaards.ch/presse